Cet été, pour mes vacances, je suis allé à Paris. J'y ai suivi les pas de grands écrivains tels Ernest Hemingway, Henry Miller et F. Scott Fitzgerald, qui, pour mémoire, sont tous morts.
J'en veux aux conducteurs parisiens. Paris n'a qu'une place de parking libre, qui est actuellement sous haute surveillance au musée du Louvre. Par conséquent des milliers d'automobilistes frustrés tournent en ville depuis le règne du roi Maurice XVII en essayant de se garer. Ils libèrent leur frustration en visant les piétons, qu'ils poursuivent jusque sur les trottoirs si nécessaire.
Souvent, le seule manière de leur échapper est de plonger dans une des cathédrales historiques, qui sont heureusement disposées tous les 25 pieds (ou 83,13 litres).
Malgré cela, il est très plaisant de marcher dans Paris, et de se sentir — comme tant d'Américains se sentent quand ils sont dans cette belle ville — obèse. Parce que le fait est que les Américains ont l'air d'énormes bovins en baskets, comparés aux parisiens qui sont très minces, avec un poids moyen de 38 livres (7,83 mètres).
Il est étrange que les parisiens soient en si bonne forme, car l'activité principale à Paris, à part essayer d'écraser les piétons, est de s'asseoir dans les cafés à longueur de journée en ayant l'air français.
Quelquefois, nous autres Américains essayons de nous couler dans une scène de café, mais les Français nous repèrent immédiatement, car nous ne pouvons pas prononcer la lettre du Code Secret Français, qui est « R ». Il est virtuellement impossible pour des non-Français de produire ce son ; c'est comme cela que les garçons de café se rendent compte que vous êtes un Américain, même si vous tentez de vous faire passer pour Français.
Le GARÇON : « Bonjour, je suspecte que vous êtes américain. » (Good day, I suspect that you are American.)
VOUS : « Mais je ne porte pas les Nikes ! » (But i am not wearing sneakers!)
Le GARÇON : « Au quai, monsieur pantalons intelligents, prononcez le mot Rouen. » (OK, Mr Smarty Pants, pronounce the word Rouen.)
VOUS : « Woon » (Woon)
Le GARÇON : « Si vous êtes Français, je suis l'Homme de la Batte. » (If you are French, I am Batman.)
L'autre façon certaine de faire la différence entre les Français et les Américains dans un café, c'est que les Français fument tous et que les Américains se demandent quel pourboire laisser.
Les guides touristiques restent vagues sur le sujet : ils disent que le service est HABITUELLEMENT compris, mais il ne l'est pas TOUJOURS, et même s'il l'est, il ne l'est pas forcément TOTALEMENT. En plus, pour convertir les francs en dollars, il faut diviser par six, et je n'ai jamais rencontré personne qui y arrive.
Et donc pendant que les Français se délassent et fument et écrivent des romans, les Américains passent leur temps à jeter des coups d'œils nerveux à l'addition, qui n'est souvent qu'un bout de papier avec griffonné un seul nombre, mystérieux, pas divisible par six, comme 83.
Nous finissons toujours par laisser trop, de peur que le garçon ne nous fasse prononcer un autre mot en « R ». Franchement, je ne sais pas comment les Français se débrouillent avec le pourboire, parce que durant mes deux semaines à Paris, je n'ai jamais vu un Français quitter un café.
Non que je sois critique. En tant que journaliste professionnel, j'aime l'idée d'une société ou s'asseoir pour boire est une activité acceptable. En fait, j'ai presque tout aimé de Paris. La ville est superbe, la nourriture est merveilleuse et ils ont dans les rues ces toilettes publiques high-tech qui vous donnent l'impression que si vous y entrez, vous serez téléportés sur le vaisseau de Star Trek.
Paris a aussi des transports en commun formidables, le Métro. Je m'y suis toujours senti en sécurité, bien qu'une fois, en attendant une rame, il y a eu une annonce en français, répétée en anglais, et je jure que c'était : « Mesdames, messieurs, votre attention s'il vous plaît. Des pickpockets agissent dans cette station. Merci. » Aucun parisien ne semblait alarmé le moins du monde, et personne ne m'a volé, ce qui est une bonne chose parce que je n'aurais pas su quel pourboire laisser.
La semaine prochaine, je vous parlerai des fameuses attractions de Paris, comme l'Arc D. Triomphe, Notre Dame, la Tour Penchée de Pise, etc. D'ici là, comme disent les Français, « au revoir ». (Woon).
©1998 Dave Barry. Traduit par C. Lescuyer.