En feuilletant un article dans un Pour la Science ou La Recherche récent, je suis retombé sur le thème de l'évolution et Stephen Jay Gould. Me trouvant souvent démuni face à des arguments créationnistes, j'ai décidé de lire Le Pouce du panda, un recueil d'articles paru en 1982.
Je me suis mis en appétit avec un petit Penguin 60s, une collection qui tire son nom à la fois du soixantième anniversaire de la maison d'édition et du prix de l'ouvrage, 60 pence. Il s'agit de Adam's navel and other essays, un recueil de quatre articles dont l'article éponyme Adam's navel, et Male Nipples and Clitoral Ripples, un titre très anglais pour une lecture jouissive (sic).
Adam's navel est une critique d'Omphalos, un livre de Philip Henry Gosse, paru en 1857, qui défend une création divine avec l'apparence de pré-existence — les dents de l'hippopotame sont ainsi créées usées, sinon le pauvre animal n'aurait pu fermer la gueule et serait rapidement mort de faim :
But what is so desperately wrong about Omphalos? Only this really (and perhaps paradoxically): that we can devise no way to find out whether it is wrong — or, for that matter, right. Omphalos is the classical example of an utterly untestable notion, for the world will look exactly the same in all its intricate detail whether fossils and strata are prochronic or products of an extended history.
Et plus clairement au paragraphe suivant :
Science is a procedure for testing and rejecting hypotheses, not a compendium of a certain knowledge. Claims that can be proved incorrect lie within its domain (as false statements to be sure, but as proposals that meet the primary methodological criterion of testability). But theories that cannot be tested in principle are not part of science.
(C'est moi qui souligne)